Pour décaler un brin le débat de Pour ou Contre "Réseau de Soins Mutualisé", une réflexion est lancée... Par Emmanuel Thibault | 13/11
peut être pas si éloignée finalement!
La recherche d'efficience va progressivement devenir indispensable pour faire face au déficit de l'assurance-maladie même si, à court terme, des solutions existent pour atteindre l'objectif fixé par l'objectif national des dépenses d'assurance-maladie (Ondam). Un décret du 2 octobre 2012 vient ainsi de modifier le Code de la Sécurité sociale pour exiger une « évaluation médico-économique » lors d'une demande d'inscription au remboursement d'un produit de santé.
la hausse des dépenses de santé est irrépressible et souhaitable. D'après les économistes Brigitte Dormont et Hélène Huber, le progrès médical améliore en France l'efficacité des traitements, mais conduit à traiter davantage de patients. In fine, la santé de la population s'en trouve améliorée, avec une facture de plus en plus lourde.
De son côté, la France ne dépense « que » 12 % de son PIB pour la santé. Si la croissance de son économie n'est pas suffisante, elle ne pourra à terme augmenter ces dépenses : le citoyen français se trouvera « déclassé », avec un accès plus limité aux soins que son homologue américain, et sans doute tout aussi inégalitaire. La valeur attachée à la vie humaine par le calcul économique sera devenue significativement moindre en France qu'aux Etats-Unis. L'analyse médico-économique servira alors à faire face à des choix cornéliens, pour renoncer aux politiques de santé les moins « efficaces » !
