Hier, près de 7 000 jeunes médecins ont défilé à Paris avec entre-autre pour revendication “le retrait de la proposition de loi sur les réseaux de santé, ou au moins une modification du texte pour que les remboursements ne soient pas différents en fonction des médecins”.
Alors que les manifestants scandaient "MST : danger !", la ministre de la santé recevait une délégation de l’ISNIH (Inter Syndicat National des Internes des Hôpitaux) et de l’ISNCCA (Inter Syndicat National des Chefs de Clinique Assistant). "On nous a promis qu’un amendement de Catherine Lemorton, présidente de la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale, destiné à empêcher la différenciation de remboursement pour tous les actes médicaux, serait déposé hier avant 18h. Finalement, le ministère vient de nous proposer de fusionner les amendements de Madame Lemorton et de Madame Fanelie Carrey-Conte, le rapporteur du texte de loi" indiquait ce matin Emmanuel Loeb, président de l’ISNIH.
ISNIH et ISNCCA ont de nouveau rendez-vous au ministère à 11h ce matin. "Ils doivent nous expliquer que cette fusion d’amendements ne changera rien, et qu’il n’y aura pas de différenciation de remboursement selon qu’un patient consulte ou non un praticien ayant contracté avec un réseau de soins", note Emmanuel Loeb. Internes et chefs de clinique se rendront donc en rendez-vous, mais ils ne cachent pas leur "méfiance". "Nous étions déjà circonspect sur l’amendement de Madame Lemorton. D’après nos conseillers juridiques, cela n’empêchera en rien une différenciation des remboursements".
Pour Lionel Barrand, le vice-président du Syndicat des jeunes biologistes médicaux, le risque consisterait à ce que le détail des conditions de remboursement soit renvoyé à un décret ultérieur. "On ne sait pas quand, et le risque est alors réel", redoute-t-il.
Alors que des mails ont été échangés pendant la nuit, les jeunes médecins attendent désormais de la ministre une confirmation écrite de ces engagements.
